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ILS SONT PASSES PAR LE CREPS #3

Tous les mois, nous vous présenterons le portrait d’une personne qui est passée par le CREPS d’Houlgate. Alors que les travaux tant attendus débuteront dans quelques mois, nous vous proposons un bref retour en arrière pour partager les souvenirs et les faits marquants d’un site chargé d’histoire. Aujourd’hui, Bruno CHANDAVOINE.

 

Bruno, pouvez-vous vous présenter en quelques mots : quel sont vos parcours scolaire, sportif, professionnel ?

J’ai 56 ans, et je suis entré dans le sport par l’intermédiaire du Handball que j’ai pratiqué à Carentan de 11 à 18 ans. J’étais plutôt généraliste à la base : j’y suis venu par les sports collectifs. Suite à un accident, j’ai eu des problèmes à une jambe, je ne courrais plus très bien et un jour, un copain  qui faisait lui aussi du Hand m’a proposé d’essayer le Kayak. C’est complètement par hasard qu’une passion est née.
J’ai pratiqué le Canoë-Kayak de manière assidue à partir de 13 ans, je me suis retrouvé en section sport-études en seconde à Besançon. Une section s’est ouverte au Lycée Malherbe de Caen où je suis allé en Première et Terminale. Ça m’a permis de m’entraîner 15 à 17 heures par semaine et de gravir les échelons régionaux et nationaux assez rapidement. Je suis arrivé en Equipe de France en Junior et Senior. On peut dire que j’étais un second couteau de l’Equipe de France au niveau international.

J’avais rencontré des Conseillers Techniques Régionaux dans mon parcours sportif et je me suis dit que c’est un travail qui me plairait parce que j’ai toujours aimé le côté enseignement/apprentissage des activités. Très vite je me suis orienté vers la formation dans le Canoë-Kayak au CREPS de Vichy. J’en suis sorti Professeur Adjoint d’EPS, j’ai passé mon Brevet d’Etat 1er et 2è degré, et après l’Armée au Bataillon de Joinville, je me suis retrouvé professeur adjoint d’EPS près d’Amiens.
En cours d’année, la FFCK cherchait un Conseiller Technique Régional dans le Nord Pas de Calais, près de Lille. J’y suis resté 5 ans. Je suis revenu au Lycée Malherbe en tant que responsable de la section sport-études où je m’occupais des Equipes de France Junior. Dans le même temps, je suis devenu CTR et suis arrivé au CREPS d’Houlgate en 1997 et y suis resté jusqu’à sa fermeture en 2009.

Je travaille actuellement à la DRDJSCS de Normandie : je suis Professeur de Sport donc un agent de l’Etat, du Ministère des Sports.

Au CREPS, j’étais professeur dans les formations professionnelles : on a développé des formations autour du Canoë-Kayak, des sports de nature, j’intervenais sur le cadre institutionnel  dans le Tronc Commun des Brevets d’Etat 1er et 2è degrés, et puis petit à petit avec l’arrivée des nouvelles formations (BPJEPS), on a développé un Brevet Professionnel Nautisme avec des activités Kayak, Char à Voile, Voile, Cerf-Volant.

 

Bruno Chandavoine, Professeur de Sport à la DRDJSCS de Normandie.

 

Quelle est la première chose qui vous vient en tête à l’évocation du CREPS ?

C’est à la fois un espace et un lieu de travail agréables avec le parc et ses différents bâtiments.

Quels sont vos souvenirs de cette époque ?

J’intervenais presque uniquement sur les formations professionnelles, on avait des stagiaires pendant la semaine. On formait une équipe soudée avec l’ensemble des autres professeurs. Il y avait un grand intérêt à travailler avec des jeunes, à les former pour devenir des professionnels du sport. J’avais l’impression que c’était concret et que ça servait le sport régional. Ce qui est agréable, c’est que dans mes nouvelles fonctions, au détour d’une réunion ou d’un contact avec des collectivités territoriales je retrouve certains de mes anciens stagiaires qui sont en poste dans ces collectivités territoriales, ou dans des clubs.

Il y a eu plusieurs moments forts ou marquants : j’ai découvert un univers que je ne connaissais moins lors d’une semaine de formation des BP APT. Jean Guibert qui coordonnait la formation avait l’habitude de travailler avec le Bon Sauveur, établissement de Picauville (50) qui accueille des personnes en situation de handicap mental. Ils avaient organisé une semaine au CREPS avec leurs patients et nos stagiaires. Ils devaient proposer tout un tas d’activités adaptées à leur public composés d’adultes pour la plupart. Il y a eu un bilan assez émouvant à la fin de ce séjour où la majorité d’entre eux s’est exprimée en disant qu’ils avaient passé une super semaine et l’un d’entre eux nous avait dit qu’il avait vécu la plus belle semaine de sa vie. Il y avait à la fois des moments riches humainement parlant et je découvrais un milieu que je connaissais peu et qui était très intéressant.

Nous avions aussi l’habitude, toujours avec les BP Activités Physiques pour Tous, de proposer des séjours à l’extérieur. Il y a eu des moments très sympas notamment dans le secteur de la Suisse Normande à Pont d’Ouilly. On proposait des activités terrestres, de l’Escalade, des activités nautiques et on voyait à la fois évoluer nos stagiaires qui n’étaient pas tous des spécialistes de la pleine nature, beaucoup d’entre eux venaient des sports collectifs. C’était un milieu (naturel, NDLR) pour lequel certains avaient des appétences et d’autres aucune. Dans les activités physiques de pleine nature, on a à gérer des émotions qui sont très importantes et qui permettent à la fois de travailler sur la cohésion de groupe mais aussi sur ses capacités personnelles à se débrouiller, s’adapter à un milieu plus ou moins mouvant et à des situations nouvelles dans le sport.

Avec le BP Nautisme, on a beaucoup travaillé en partenariat avec le Centre Régional de Nautisme de Granville, le CTS Normandie de Voile, la Ligue de Char à Voile, les Cadres Techniques de Canoë-Kayak, la Fédération Française de Vol Libre pour le Cerf-Volant. On avait un certain nombre de semaines qui se dérouleraient au CREPS, et d’autres à l’extérieur sur des sites de pratique plus adaptés. J’emmenais les spécialistes de Canoë Kayak faire de l’eau vive dans les Alpes près de Barcelonette : on passait des semaines denses, fortes en émotions pendant lesquelles on rencontrait aussi des professionnels privés qui vivaient de ces activités à l’année.

 

Si vous ne deviez retenir qu’un seul moment de ces années ?

Il y avait les fêtes de fin de formation qui étaient très sympas : elles étaient organisées par les stagiaires, il y avait en général un repas assez simple avec l’ensemble des professeurs, des personnels administratifs et des membres de la direction de l’époque quand ils étaient disponibles. On partageait tous ensemble les anecdotes de l’année écoulée, c’était convivial.
J’en ai déjà parlé, mais il y a aussi le partenariat avec le Bon Sauveur de Picauville qui a été aussi un moment très fort ; il y a eu des jurys de Brevet d’Etat des Métiers de la Forme, d’Athlétisme où on retrouvait parmi les jurys des professionnels, des cadres techniques, c’était là aussi des moments de partage, d’écoute et surtout d’évaluation des candidats bien sûr, il ne faut pas l’oublier.

Une des spécificités de nos formations, c’est qu’elles étaient professionalisantes : on accueillait toutes les semaines ou presque les écoles d’Houlgate. On était vraiment sur la préparation des stagiaires, sur l’acte professionnel d’enseignement. Ce sont généralement des publics qui ne sont pas faciles à aborder (même si les écoles d’Houlgate sont privilégiées), mais c’était un bon public pour nos stagiaires qui avaient besoin de prendre des repères d’organisation sur l’enseignement des activités physiques et sportives et de l’EPS en général.